07.04.2009
Autobiographie
Ecrit et mis en scène par Bruno Bisaro
Avec Valérie Thoumire et Richard Bartolini
Création janvier 2010
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La Remontrance au peuple de France
Pierre de Ronsard (1562)
Adaptation, mise en scène et interprétation : Bruno Bisaro
Samedi 13 juin 2009 à 17 h

Durée du spectacle : une heure environ
Réservations (obligatoires) : 01-42-23-27-67
Prix des places : 15 euros et 10 euros (réduit : groupe à partir de 6 personnes, moins de 26 ans, chômeurs, RMI-stes, carte vermeille...)
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SUDDEN THEATRE
14 bis rue Sainte Isaure
75018 Paris
Métro : JULES JOFFRIN (ligne 2) ou SIMPLON (ligne 4)
De ce monument de la poésie engagée datant de l’un des moments les plus sombres de notre histoire (c’est le commencement des guerres dites de religion), Bruno Bisaro fait une farce contemporaine et politique. Dans cette adaptation de la Remontrance au peuple de France (1562), le prince des poètes qui traverse une crise profonde de la vocation poétique se rêve poète des princes au nom de la raison d’Etat. Pierre de Ronsard fut l’un des plus fervents opposants de la Réforme en France et de Jean Calvin dont nous fêtons cette année le cinq centième anniversaire de sa naissance.
"Qui a inventé la poésie engagée ? Pierre de Ronsard, qui hier encore chantait Cassandre et Marie. Quand ? Lorsque la France, aux mains d'un roi trop jeune, se livre, sous l'oeil intéressé de l'étranger, à l'un de ces déchirements qui appartiennent, depuis César, à sa légende. Le dimanche 1er mars 1562 François duc de Guise, chef de la maison de Lorraine et catholique intransigeant accompagné d'une troupe de ses soldats, trouve une assemblée de protestants en train de célébrer le culte dans la petite ville de Wassy, dans le département moderne de la Haute-Marne. Or, selon un édit de janvier 1562, les cultes protestants n'étaient tolérés qu'en dehors des villes. Les soldats attaquent ; on enregistre 23 morts selon certaines sources, 74 selon d'autres. En tout cas, ce bain de sang déclenche très rapidement une confrontation armée qui s'étend à tout le royaume. Dans les deux mois suivants les huguenots s'emparent de Lyon, d'Orléans, d'Angers, de Blois, de Tours, de Rouen : la France plonge dans une guerre civile d'où elle ne sortira que 36 ans plus tard avec l'Edit de Nantes (1598). En décembre 1562, au moment le plus sombre de cette première guerre (l'armée de Condé est devant les portes de Paris, Ronsard compose dans une langue familière et ferme, étrangère aux ornements antiques que la Pléiade avait prônés, la Remontrance au peuple de France, publiée au début de l'année suivante..." Francis Higman
« Je n’ignore pas que parmi tous ceux qui se sont penchés sur les discours politiques de Pierre de Ronsard figurent les individus les plus misérables de notre histoire contemporaine.
C’est le jeu de l’extrême droite et des fanatiques en tout genre ou plus exactement leurs us et coutumes que de chercher dans les textes anciens, surtout les plus illustres, matière et légitimité à leurs sottises et à leurs exactions du moment, que de trouver finalement (et fatalement) qu’une époque en vaut bien une autre (ou qu’elle est sous tout rapport comparable à une autre) puisque le temps n’évolue pas malgré nos dos courbés…
Ronsard est un personnage historique autant que de légende et je dirais qu’il a toute sa place sur une scène de théâtre, au théâtre donc, plutôt que replié sur lui-même au sommet d’une étagère, au détour d’un couloir nauséabond, au détour de l’allée centrale d’une bibliothèque de province…
M’est avis qu’on pourrait dire de lui, sauf à Paris peut-être : cet homme là est un poète même si on ne croisait que son spectre, même si on ne croisait que son ombre, l’ombre de lui-même : poète des princes seulement alors qu’on le rêvait justement prince des poètes.
Dans ses Discours et particulièrement dans sa Remontrance, il est avant tout l’homme de son époque, de son époque c’est-à-dire aussi de notre temps : celui de la modernité (loin de l’antiquité et de toute cette barbarie antique, ancestrale…).
Certes, qu’il parvienne à nous toucher ici est inquiétant mais inquiétant surtout pour notre époque et pour notre temps. »
Bruno Bisaro
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